- Front uni Franco-Catalan pour la voie rapide Toulouse-Barcelone
- Il n’y avait pas une voix dissonante lors de ce séminaire qui réunissait à Berga, en Catalogne, à l’invitation des chambres de commerce du Vallès, Manresa, Gérone et Barcelone, des municipalités, conseils régionaux et autres institutions catalanes, une forte délégation française composée de représentants des chambres de commerce, des conseillers généraux et régionaux et autres agents de développement de Midi Pyrénées.

Front uni Franco-Catalan pour la voie rapide Toulouse-Barcelone
Ariège News - Article publié le 12/03/2009

En tout, une bonne soixantaine de personnes qui ont débattu de l’utilité de «l’axe transeuropéen E9», en d’autres termes de «l’aménagement d’une infrastructure routière rapide et sécurisée sur l’axe Barcelone - Toulouse, correspondant à l’itinéraire européen E9»
Petit rappel: aujourd’hui, le trafic routier de marchandises entre la France et l’Espagne se partage entre le Pays Basque, à 50%, et le Perthus avec 46%. Le reste du trafic, soit 4%, se répartit entre Vielha, le Pas de la Case et Puigcerda.
Ces deux passages aux deux extrémités des Pyrénées sont aujourd’hui au bord de la saturation et on peut légitimement estimer, malgré «la crise», qu’ils seront totalement saturés très rapidement, d’autant plus que le trafic voyageurs est, lui aussi, en forte expansion avec une augmentation moyenne de + 7,6% par an depuis dix ans.
Avant d’arriver à une situation d’asphyxie complète, après étude de toutes les solutions possibles (maritime, aérien, routier, ferroviaire), et mis à part les liaisons maritimes par la façade atlantique, deux propositions émergent d’une manière significative:
• une liaison ferroviaire par les Pyrénées Centrales, et prioritairement selon un itinéraire Lannemezan-Bielsa via Hèches, par un tunnel de basse altitude, qui faisait dire à Martin Malvy en juin 2008: «cet axe ferroviaire transcontinental sera le grand projet du Sud-Ouest européen pour le XXIe siècle, comparable à ce que fut le percement du Canal du Midi au XVIIe siècle ou celui du Tunnel sous la Manche au XXe»
• Une liaison routière Toulouse-Barcelone, via l’Ariège et le tracé de l’E9, validée lors du dernier sommet Franco-Espagnol des chefs d’Etat du 10 janvier 2008.
Sur cette dernière proposition, la Chambre de Commerce de Barcelone qui avait engagé une étude dès 2006, concluait que «le dédoublement sur tout le parcours de l’axe transeuropéen E-09 est nécessaire»
Coté français, on note que «dans le cadre des demandes de transport entre Toulouse et Barcelone, le passage par la vallée de l’Ariège permet de réduire le trajet d’une heure et de cent kilomètres.
Il doit également permettre de fluidifier la circulation au Perthus, dont la situation actuelle avec de nombreuses périodes de saturation, aggrave les émissions de gaz, et de faciliter l’accès à la principauté d’Andorre»
Le séminaire de Berga avait pour objectif de faire le point et la synthèse des travaux effectués des deux cotés des Pyrénées.
Force est de constater une incontestable unanimité sur la nécessité de ce projet, malgré les points de vue souvent différents entre «politiques» et «acteurs économiques», et même si les motivations peuvent paraître différentes, alors qu’elles ne sont que complémentaires.
Sans que l’on sache s’il s’agit d’un simple effet de mode ou d’une prise de conscience réelle, l’impact environnemental apparaît être une préoccupation prioritaire commune à tous les intervenants. Au-delà de ce bel unanimisme, deux axes de développement apparaissent:
• Le développement touristique, le plus évident, sachant que 30% des quinze millions de touristes qui visitent la Catalogne sont Français, et qu’il en est quasiment de même dans l’autre sens;
• Le développement économique: on sait peu, de ce coté-ci des Pyrénées, que le port de Barcelone est sur une logique de développement qui devrait amener les Catalans à rivaliser, voire à dépasser, très rapidement, les ports de Gènes ou de Marseille.
La création récente de deux terminaux de containers fait rentrer la capitale de la Catalogne dans la compétitivité européenne, et certains en sont à penser que le trafic Import-Export avec les pays asiatiques pourra passer, demain, par le port espagnol.
D’autres estiment même que les flux venant de Chine pourraient être transférés, dans un avenir proche, d’Anvers vers Barcelone.
Sans aller aussi loin, il est clair que, selon Rolande Sassano, représentant le conseil régional Midi-Pyrénées: «Barcelone est le port naturel de Midi-Pyrénées». Dans cette perspective, l’axe Barcelone-Toulouse sera déterminant pour le développement de ces deux métropoles et des territoires environnants.
Dans le concert des interventions proclamant, outre l’importance de cette liaison pour les années à venir, son impact positif sur l’environnement, nous avons retenu celle de Jean-François Brou, représentant la CCI de Toulouse, mais également président du syndicat des transporteurs de Midi-Pyrénées.
Pour lui, le schéma du transport est simple: «la Catalogne, très industrialisée, exporte beaucoup. Midi-Pyrénées consomme beaucoup mais exporte peu»
Il s’ensuit, en simplifiant à l’extrême, le paradoxe suivant: les camions partent de Barcelone pleins et rentrent vides. De l’autre coté des Pyrénées, les camions viennent du Nord pleins et font le trajet retour à vide. «Il n’y a rien de plus anti-écologique qu’un camion voyageant à, vide !»
La création d’un axe routier fort entre la Catalogne et Midi-Pyrénées est capable d’équilibrer le fret dans les échanges Nord-Sud.
Pour ce chef d’entreprise, le remplissage des camions, dans les deux sens, ajouté à l’économie de cent kilomètres entre Toulouse et Barcelone, font que la création de cette voie rapide sera, demain, un facteur essentiel dans la lutte contre la pollution, l’effet de serre, et pour le développement durable des Pyrénées.
Un autre argument plaide en faveur de cette liaison: l’irrigation, tout au long de cet axe, des territoires. On sait maintenant que le contournement des villes et villages apporte un «Plus» aux populations concernées.
La dérivation d’une partie non négligeable du trafic par cette voie rapide apportera incontestablement un surplus de développement économique.
C’est en tout cas l’opinion de Paul-Louis Maurat, président de la CCI de l’Ariège: «ce projet peut permettre aux régions situées sur l’itinéraire, comme l’Ariège, la Cerdagne, l’Andorre, le Bergueda et Manresa, de l’utiliser comme un levier d’aménagement du territoire et de développement économique»
Cette importante rencontre inaugure une période décisive pour l’avenir des Pyrénées Centrales puisque, de la décision de réaliser cet axe structurant, dépend le développement économique et donc, en grande partie la survie des territoires concernés.
Elle s’est achevée par une déclaration commune qui scelle définitivement et de manière volontariste, le choix conjoint de la Catalogne et de Midi Pyrénées d’aboutir à la réalisation de l’itinéraire européen E9.
auteur: René Sicre

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Source : http://www.ariegenews.com/news/news-398-7993.html

